25.04.2009 21:51:18

La diaspora mauritanienne en France: "aucune réconciliation durable ne peut se bâtir sans la justice et pas de justice sans légalité"

Justice, légitimité, légalité et Etat de Droit sont indissociables. Que valent les engagements d'un imposteur? Au nom de qui ou de quoi, Ould Abdel Aziz a-t-il pu s'engager devant les victimes et ayant-droits?

Justice, légitimité, légalité et Etat de Droit sont indissociables. Que valent les engagements d'un imposteur? Au nom de qui ou de quoi, Ould Abdel Aziz a-t-il pu s'engager devant les victimes et ayant-droits?

Les Mauritaniens de la Région parisienne et du reste de la France se sont donné rendez-vous aujourd'hui sur le Parvis des Droits de l'Homme. En ce 25 avril 2009, 20ème anniversaire du démarrage de l'opération "dénégrification" de la Mauritanie par le régime de Ould Taya, il y avait lieu de se souvenir. Il y avait lieu aussi d'éviter de tomber dans les pièges grossiers des règlements de cette question du passif humanitaire en catimini et à la va vite. Justice, légitimité, légalité et Etat de Droit sont indissociables. Depuis le 6 août 2009, il y a une éclipse de l'Etat de droit. Les Mauritaniens le savent, ceux de la diaspora mauritanienne en France les premiers.

Plusieurs centaines de Mauritaniens étaient au rendez-vous. Les prioncipales organisations constituées étaient là dont le FNDD-France (regroupant les sections des principaux partis mauritaniens en France, les syndicats, plusieurs organisations de défense des Droits de l'Homme et de la société civile), les FLAM, l'AVOMM, la CRM, l'AFMAF et For-Mauritania.

 

La diaspora mauritanienne en France: "aucune réconciliation durable ne peut se bâtir sans la justice et pas de justice sans légalité"

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Partie de l'esplanade des Droits de l'Homme, la manifestation, encadrée par les forces de l'ordre, s'est transformée en meeting devant l'Ambassade de Mauritanie. Une déclaration a été lue avant d'être remise aux représentant de l'Ambassade.

Voici le texte de cette déclaration:

Déclaration

Il y a vingt ans,  sous le régime criminel du Colonel Muawiya  Ould Sid’ Ahmed Taya  soutenu par des groupes obscurantistes chauvins, une vaste campagne de « dénégrification »  de la Mauritanie a été ordonnée  par le dictateur suite à un différent banal entre paysans sénégalais et éleveurs mauritaniens.

Des dizaines de milliers de mauritaniens négro-africains furent déportés manu militari  au Sénégal et au Mali. Au cours de cette opération d’une bestialité inouïe beaucoup d’entre eux subiront des actes d’une rare cruauté tandis que d’autres étaient sauvagement assassinés.

Le 24 et 25 avril 1989 le gouvernement par sa politique chauvine, raciste et discriminatoire se comporta comme une armée d’occupation. Une vendetta va s’abattre  avec une violence  et une cruauté inouïe sur les populations Négro africaines (Haal pular, Soninké, Bambara Wolof).

Cette campagne de violence irrationnelle n’a épargné aucune personne de cette communauté ni dans l’administration, ni dans les différents corps de l’Etat. Les soldats  négro-africains au sein de l’armée payeront un lourd tribut : des centaines d’entre eux furent arrêtés et torturés et des dizaines d’autres furent sauvagement exécutés. L’horreur atteindra son summum en  cette  veille du 28 novembre 1990 quand, pour célébrer le 28 novembre  fête de l’indépendance  de la Mauritanie,  28 soldats négro-mauritaniens furent  exécutés dans les conditions les plus atroces.  Certains, dont l’agonie se prolongeait, furent enterrés vivants sous les ordres d’officiers siégeant aujourd’hui aux côtés du Général limogé Mohamed Ould Abdel Aziz au sein du Haut Conseil d’Etat des putschistes (HCE) au pouvoir en Mauritanie depuis le 06 août 2008.

Depuis 1989, les familles, les veuves et les orphelins  réclament justice, les principaux membres de la junte actuellement au pouvoir savent, dans le détail, la nature et l’ampleur de la tragédie que recouvre cette situation appelée « Passif humanitaire ». Ils ont été, sans discontinuité, au cœur du dispositif sécuritaire, tant central que local de la Dictature qui s’est imposée à notre peuple depuis des décennies et qui avait fait de la répression brutale le principal levier de commande du système. Certains de ces hauts gradés de l’armée ont directement mis la main à la pâte de l’infamie raciste qui a marqué cette répression sanglante et font l’objet de poursuites  judiciaires internationales.

A Kaëdi, le discours du Général putschiste aurait donc eu quelque consistance au regard de ses laudateurs, s’il avait porté sur la vérité sur ce qui s’est passé avant que le pardon de la nation et des ayant-droits ne soit accordé. Cette pleine vérité c’est celle de l’identité des morts, leur nombre exact, leur lieu d’inhumation, les motifs des exécutions sommaires, les donneurs d’ordre, etc.

Plus que jamais il faut rappeler qu’aucune réconciliation durable ne peut se bâtir sans la justice et pas de justice sans légalité.

AFMAF, AVOMM, CRM, FLAM, FNDD-France, For-Mauritania.

Fait à Paris, le 25/04/2009