28.07.2009 20:21:58

Le Front et le RFD demandent une enquête impartiale et décident de continuer à travailler main dans la main

Conférence de presse conjointe entre Messaoud Ould Boulkheir et Ahmed Ould Daddah (+Déclaration Commune)

Les candidats Messaoud Ould Boulkheir, Président de l'Assemblée Nationale, et Ahmed Ould Daddah, Président du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) ont tenu, cette après midi une conférence de presse à l'hôtel Tfeyla à Nouakchott. Précédée par la lecture d'un communiqué de presse et d'une présentation des cas de fraudes électorales, cette conférence de presse a été l'occasion pour les deux leaders de l'Opposition de répondre aux questions d'actualité et de préciser leur stratégie vis-à-vis des résultats des élections présidentielles du 18 juillet dernier.

Le communiqué, lu en arabe et en français présentait la vision commune du Front et du RFD et s'articulait autour de trois points principaux:

1- la crise politique n'a pas trouvé sa solution dans les élections qui viennent de se dérouler;

2- en dépit de la proclamation des résultats par le Conseil Constitutionnel, les élections du 18 juillet ne sont ni transparentes, ni honnêtes ni démocratiques. Le Front et le RFD demandent la mise sur pied d'une commission d'enquête dans le but de dissiper les doutes nés des multiples cas de fraude;

3- le Front et le RFD décident de continuer à coordonner leurs efforts et inscrivent cette option dans leur stratégie à longs termes.

Une présentation PowerPoint suivra la lecture de cette déclaration. Elle détaille le mécanisme de la fraude en citant les cas les plus saillants. Depuis la manipulation du fichier électoral, jusqu'aux votes multiples en passant par le rôle joué par les Forces Armées et leur famille, la commission technique a démonté le puzzle de la fraude. Un élément important fut la projection de la vidéo diffusée sur le site de For-Mauritania et qui montre clairement des agents de la campagne du candidat Aziz acheter des cartes d'Identité Nationale à des fins de fraude électorale.

Lors de leur échange avec la presse les deux candidats affirmeront que l'Accord de Dakar, dont ils continuent à se réclamer, a été signé par trois parties et que à eux deux ils en constituent deux. Deux parties signataires de l'Accord de Dakar sur trois rejettent les résultats des élections et demandent la constitution d'une commission d'enquête.

 

Voici le texte du Déclaration commune:

Déclaration commune

 

Nous, candidats à l'élection présidentielle du 18 juillet 2009 soussignés, après avoir pris connaissance des résultats proclamés par le Conseil Constitutionnel en date du 23 juillet 2009 et analysé minutieusement ces résultats caractérisés par l'uniformité troublante des scores du candidat Mohamed Ould Abdel Aziz dans les 53 départements (Moughataas) du pays, portons à la connaissance de l'opinion publique nationale et internationale ce qui suit:

1- La décision du Conseil Constitutionnel de validation du scrutin du 18 juillet 2009 est intervenue dans le contexte de la démission du président de la Commission Électorale Nationale indépendante (CENI) après sa prise de connaissance du contenu des requêtes présentées par les candidats pour invalider les résultats du scrutin

2- Le Conseil Constitutionnel a pris sa décision de validation du scrutin sur la base d'un communiqué de la Commission Électorale Nationale indépendante (CENI) controversé, signé et rendu public par une personne non habilitée à le faire, le secrétaire général

3- Le Conseil Constitutionnel a curieusement adopté sa décision de validation en toute hâte et sans attendre l'avis qu'il avait demandé par ailleurs à la Commission Électorale Nationale indépendante (CENI) encore en réunion au même moment. Nous notons que malgré l'extrême complexité du dossier et le délai légal imparti de 8 jours, le Conseil Constitutionnel a pris la décision de rejet des requêtes en annulation en moins de 48 h de sa saisine.

4- Il est manifeste que la décision du Conseil Constitutionnel n'a aucunement tenu compte des faits particulièrement graves repris dans nos requêtes et qui, pour le moins, exigent que des enquêtes sérieuses soient menées pour s'assurer de la régularité du déroulement du scrutin du 18 juillet 2009. Ces faits concernent notamment :

-les violations systématiques des dispositions de l'accord cadre de Dakar;

-les caractéristiques techniques du bulletin de vote utilisé;

-le fichier électoral et l'état civil;

-le vote multiple, surtout le vote commandé des militaires;

-l'achat public des consciences;

-le niveau anormalement élevé des bulletins nuls et ceci en dépit des dispositions réglementaires prises pour faciliter les votes…etc.

En conséquence, tout en prenant acte sur le plan juridique de la décision du Conseil Constitutionnel, nous considérons que la crise politique reste entière étant donné que le scrutin du 18 juillet 2009 n'a été ni libre, ni démocratique, ni transparent en raison des manœuvres et manipulations frauduleuses du processus électoral contraires aux prescriptions de l'accord cadre de Dakar et à la loi électorale mauritanienne, remettant fondamentalement en cause le choix des électeurs.

Tout en réitérant notre attachement à nos institutions démocratiques, à l'esprit et à la lettre de l'accord cadre de Dakar ainsi que notre disposition à rechercher une solution d'apaisement afin d'éviter que notre pays s'installe dans une grave crise post électorale, nous demandons la constitution immédiate d'une commission d'enquête consensuelle chargée de faire la lumière sur l'ensemble des griefs relevés.

Enfin, nous affirmons notre commune volonté de rester unis et solidaires pour un règlement prompt

et constructif de cette grave crise politique.

Nouakchott le 28 Juillet 2009

Messaoud Ould Boulkheir Ahmed Ould Daddah