Personnalités Soutenant le Coup d’Etat Contre l’Ordre Constitutionnel

Le 6 août 2008, des généraux aigris car démis de leurs fonctions ont perpétré un coup d’Etat mettant fin à une démocratie que les mauritaniens ont essayé d’instaurer et maintenir trois années durant. Dès le lendemain, des personnalités civiles, voire même politiques sensées être attachées à la démocratie, se sont précipitées pour déclarer leur soutien à ce putsch et pour le justifier le qualifiant de ‘’mouvement de rectification’’. Ces positions sont prises au mépris des règles les plus élémentaires de la démocratie, de la dévolution pacifique du pouvoir qu’elle implique et du rejet de la violence.

Parmi ces personnalités :


Le Ministre Mohamed Mahmoud Ould Brahim Khlil


Ould Brahim Khlil

Ould Brahim Khlil

Beau frère du Général putschiste, il est apparu dès sa nomination au gouvernement comme l’un des ministres qui prennent leurs ordres directement auprès du Général limogé Ould abdelaziz qui travaille à asseoir son emprise sur l’ensemble de l’appareil étatique.

Il n’hésite pas à utiliser les mots les plus crus et les plus blessants à propos des ministres rejetant le coup d’Etat. Bien que son Général putschiste avait demandé à ces ministres de gérer les affaires courantes, ceux-ci n’ont pas hésité à exprimer leur refus du putsch et à brandir la menace d’une démission collective. C’est alors que Ould Brahim Khlil a découvert une nouvelle musique qu’il chante à qui veut l’entendre : « il n’y a plus de ministres. Tous savent que le gouvernement actuel est de fait et de droit démis de ses fonctions ».

De quel droit parle Monsieur le Ministre ? Du droit des putschs ? Ou du fait que les mauritaniens le rejettent chaque jour un peu plus à l’instar de la communauté internationale ?


Le député Sidi Mohamed Ould Maham


Le député Sidi Mohamed Ould Maham

Le député Sidi Mohamed Ould Maham

Député d’Atar, ville natale de l’ancien Président Ould Taya, Ould Maham. S’y était présenté en indépendant dans la foulée des candidatures ‘indépendantes’’ suscitées par le Général Ould Abdelaziz et son entourage.
Aux côtés de Mohcin Ould El-Hadj, il exécuta avec dévouement le plan conçu par les militaires et destiné à déstabiliser le Président élu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi. Il avait dirigé le groupe parlementaire qui voulait voter une motion de censure contre le gouvernement Waghf-I au motif que celui-ci comprenait des ‘’symboles de la gabegie’’ et exigeait que le gouvernement soit limité aux seuls partis ayant soutenu le candidat Ould cheikh abdellahi…autant de demandes présentées sur ordre de Ould Abdelaziz qui se croyait menacé par l’alliance entre le Président et certains partis anciennement dans l’opposition. Par la suite, Ould Maham se contredira en s’alliant lui-même au plus grand parti de l’opposition quand cela était exigé par Ould Abdelaziz. Les prochains jours nous diront s’il s’opposera aux ‘’symboles de la gabegie’’ ou s’il les adoptera une fois que le Général putschiste se sera allié à eux.



Le Sénateur de Rosso Mohcin ould el hadj


Le Sénateur Mohcin Ould El Hadj

Le Sénateur Mohcin Ould El Hadj


Cousin du Général Ould Abdelaziz et son intime ami, il est réputé être son porte-flingue. C’est à ce titre qu’il dirige le groupe parlementaire manipulant des députés et sénateurs au service du renversement de la légitimité démocratique et de l’ordre constitutionnel. Il était le premier à dévoiler l’alliance entre le RFD et les militaires avant même que Ould Daddah ne l’annonce publiquement, ce qui voudrait dire que la collaboration entre les deux ‘’partenaires’’ remonte à la préparation même du Coup d’Etat.

Il se comporte comme si l’Etat était une propriété de Ould Abdelaziz et affiche une confiance aveugle en l’avenir. Il répète partout qu’ils n’auront pas besoin de juger le Président Ould Cheikh Abdellahi mais le laisseront vivre comme tout citoyen ordinaire.

Voici quelques perles des déclarations de Mohcin Ould El Hadj après le coup d’Etat du 6 août 2008 :

- « C’est le Président qui a mené un coup d’Etat en démettant certains chefs militaires de leurs fonctions »
- « Le Président a empêché le fonctionnement régulier des institutions constitutionnelles »
- « En un an de pouvoir, le Président a commis plusieurs crimes politiques, économiques et sociaux et a transformé l’Etat en patrimoine familial ».


Ould El Hadj dit s’attendre à l’émergence d’une nouvelle majorité rassemblant la majeure partie de la majorité parlementaire et la majeure partie de l’opposition à travers les députés RFD.

Ould Hadj déclare que la légitimité du Président Ould Cheikh Abdellahi ressemble à celle d’Adolf Hitler car il aurait violé la Constitution, dirigé un parti politique et empêché le Parlement d’enquêter sur les activités de son épouse.

La futilité des propos de ce parlementaire n’échappe à personne même si l’on ne peut que s’étonner d’un parlementaire qui considère que l’éviction d’un Général par le chef suprême des Armées équivaudrait à un coup d’Etat. La seule chose qui ressort du discours de ce ‘’parlementaire’’ est qu’il est interdit de limoger un Général, en l’occurrence, son cousin et ami. Le lecteur peut se référer, sur le site, à des réponses détaillées aux arguments des parlementaires putschistes.


Le député d’Aoujeft, Mohamed el Moctar Ould Zamel


Ould Zamel

Ould Zamel

Connu pour ses rapports privilégiés avec le Général limogé Ould Abdelaziz, il compte parmi les principaux animateurs du bataillon parlementaire manipulé par les Généraux. Ould Zamel était l’un des députés les plus enthousiastes pur l’adoption d’une motion de censure contre le gouvernement de M. Ould El-Waghf tout comme il fut l’un des premiers à se féliciter du coup d’Etat du 6 août qu’il qualifie de ‘’mouvement rectificatif’’.

Ancien ministre et ancien ambassadeur sous Ould Taya, il a lâché ce dernier au lendemain du coup d’Etat de 2005 et s’est présenté pour la députation en indépendant conformément aux souhaits des militaires qui avaient suscité les candidatures indépendantes de certaines personnalités pour disposer d’un bataillon au sein des assemblées élues.

Il fut membre du PNDD quand celui-ci semblait être le parti des militaires et a rallié les députés favorables à la motion de censure dès qu’il a compris que c’était le souhait des Généraux. Lorsque ces derniers ont renversé la légitimité démocratique, il s’est précipité devant les micros et caméras des médias pour justifier le putsch et glorifier ses auteurs.

Ould Zamel est député de la Moughata’a dAoujeft dont le sénateur, Yahya OUld Abdelghahar s’active aux côtés du ministre Ould Brahim Khlil pour assassiner la démocratie mauritanienne. Leur dénominateur commun est la même allégeance au Général Ould Abdelaziz.



Le Sénateur d’Aoujeft, Yahya Ould Abdelghahar


yahya ould abdelghahar

yahya ould abdelghahar


Il occupait le poste de Président du groupe PNDD au sein du Sénat. Il utilisa son poste au service de la campagne militaire contre l’épouse de M. le Président de la République. Il est connu comme étant le co-animateur, avec Ould El Hadj, du groupe parlementaire manipulé par les Généraux. Son implication est attestée par des déclarations de certains de ses pairs. A titre d’exemple, le Sénateur de M’boud, M. Youssouf Sylla, déclara, le 4 août 2008, soit deux jours avant le putsch : « le Général Ould Abdelazzi est derrière l’agitation des parlementaires mobilisés pour voter une motion de censure contre le gouvernement. Et MM. Mohcin ould el hadj et yahya ould abdelghahar agissent sur ordres directs du Général Ould Abdelaziz ».


L’ancien Premier minsitre Zeine Ould Zeidane


Ould Zeidane

Ould Zeidane

Il fut premier ministre du premier gouvernement nommé au lendemain des présidentielles de mars 2007. Il s’était présenté aux mêmes élections et était arrivé en troisième position avec 15% des suffrages exprimés. Il a dirigé le gouvernement pendant 13 mois, soit quasiment la durée de l’exercice du pouvoir par M. Ould cheikh abdellahi avant qu’il ne soit renversé par le Général Ould Abdelaziz.

Ould Zeidane a été démis de ses fonctions et remplacé par M. Yahya Ould Ahmed El Waghf actuellement assigné à résidence surveillé à Achram, à 350 KM à l’Est de la capitale Nouakchott. Au lendemain du coup d’Etat du 6 août 2008, M. Ould Zeidan s’est précipité à le soutenir et a exigé l’adoption d’un statut pour les forces armées nationales leur octroyant une tutelle légale sur l’ensemble des institutions de la République. Ould Zeidane demande actuellement aux Européens de ‘’soutenir le développement de la Mauritanie et de ne pas faire de pression sur les putschistes’’.

Ce qui est étrange avec lui, c’est que si le Général Aziz fait un bilan catastrophique et sans nuance du gouvernement de Ould Cheikh Abdellahi, Ould Zeidane doit en partager la responsabilité dans la mesure où il fut le chef du gouvernement de Ould cheikh abdellahi pendant 13 mois sur une durée totale de 15 mois !

Saleh Ould Hanenna


Saleh Ould Hannena

Saleh Ould Hannena


Leader du parti HATEM qui compte deux députés à l’Assemblée. Il était connu pour ses positions courageuses jusqu’au matin du 6 août où il se montra indécis, ambiguë avant de soutenir ouvertement les putschistes.

Il dira en substance que bien qu’il soit opposé, par principe aux coups d’Etat ( !), il comprenait néanmoins les raisons du putsch. Bien que ses députés aient refusé de signer un projet de déclaration préparée par les parlementaires pro-putschistes, la direction du parti de Ould Hanena a décidé faire le jeu des Généraux.

La volonté de bénéficier de portefeuilles ministériels dans le gouvernement de Ould Mohamed Laghdaf semble être le principal mobile du parti HATEM qui tient des meetings et réunions, notamment à Aïoun et Nouadhibou, dans le but de rassembler des soutiens ou coup d’Etat.